Rebond de soulagement en Europe pour saluer la trêve entre les USA et l'Iran
information fournie par Zonebourse 08/04/2026 à 12:23
A Paris, le CAC 40 bondit de 4,2% à 8 241,7 points vers 12h00. A Francfort, le DAX prend 4,5% et à Londres, le FTSE 100 s'adjuge 2,5%.
L'indice Euro STOXX 50 de la zone euro progresse de 4,6% et l'indice paneuropéen élargi, le STOXX 600, grimpe lui de 3,6%.
L'appétit des investisseurs pour les actifs risqués fait un retour en force après la trêve de deux semaines décidée par Washington et Téhéran, qui laisse penser aux professionnels que le pic d'incertitude lié au conflit est désormais passé.
"Alors que l'agressivité dans la rhétorique était encore montée d'un cran hier entre les Etats-Unis et l'Iran, l'annonce d'un cessez-le-feu accepté par toutes les parties est une surprise de taille", réagit Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
Des risques structurels toujours présents
D'autres analystes préfèrent cependant évoquer un simple "rebond de soulagement", mais pas encore un retour total à la normale.
"Il est encore trop tôt pour crier victoire", juge Stephen Dover, directeur du Franklin Templeton Institute. "Le bon cadre d'analyse est celui d'un rebond de soulagement dans un premier temps, suivi potentiellement d'une revalorisation par la suite", tempère le spécialiste.
"Il s'agit d'une pause, et non d'un retour à la case départ", confirme Charu Chanana, la stratégiste en chef de Saxo. "Un soulagement tactique peut se poursuivre à court terme, mais les risques structurels liés au pétrole, à l'inflation et à la géopolitique n'ont pas disparu", souligne-t-elle.
Pour bon nombre d'observateurs, l'amélioration de la situation reste conditionnée à la réouverture du détroit d'Ormuz, une route vitale pour le transport pétrolier.
"Si le cessez-le-feu de deux semaines tient et qu'un compromis permet la réouverture du détroit, le choc économique mondial lié à ce conflit devrait rester maîtrisable", estime Michael Langham, économiste chez Aberdeen Investments.
L'optimisme quant à l'apaisement des tensions dans cette région clé de l'approvisionnement en énergie pousse dans l'immédiat les prix du pétrole à la baisse.
Les cours du brut creusent leurs pertes, à moins de 94 dollars le baril pour le Brent (-14%) et 95,3 USD (-15,6%) pour le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI).
A Wall Street, les contrats à terme sur les principaux indices américains signalent pour l'instant une ouverture en progression de 2,5% à 3,5%.
L'aérien et le tourisme en première ligne, les matières premières aussi
En Europe, les valeurs du tourisme comme TUI ( 12%) ou de l'aérien telles que easyJet ( 11%) et Lufthansa ( 11%) sont parmi les premières à bénéficier de la trêve au Proche-Orient et de la baisse des prix du carburant.
Le secteur des ressources de base - qui avait pâti de la montée des craintes d'un ralentissement de l'économie ces dernières semaines - signe également l'une des meilleures performances sectorielles du jour, avec des gains de plus de 12% pour Antofagasta à Londres et 11,3% pour ArcelorMittal à Paris.
A la baisse, les valeurs pétrolières décrochent logiquement dans le sillage de la chute du brut : Equinor abandonne 12,4%, Repsol 7,7%, TotalEnergies 5,5% et Shell 5,3%.
Sur le marché obligataire, les rendements des emprunts d'Etat des principaux pays de la zone euro s'inscrivent tous en baisse, de l'ordre de 15 points de base pour celui du Bund allemand à dix ans (2,93%) et de 21 points pour ceux des titres à dix ans français (3,57%).
Ce mouvement de détente reflète le reflux des inquiétudes suscitées par la remontée des tensions inflationnistes avec la récente flambée du pétrole, qui a pour effet de conduire à une révision des anticipations concernant les prochains mouvements des banques centrales.
Alors que les marchés commençaient à anticiper la possibilité de voir la BCE et la Fed relever leurs taux dans les mois à venir, l'annonce d'un cessez-le-feu renforce à nouveau la probabilité de voir les banques centrales assouplir leur politique monétaire cette année.
La perspective d'une baisse des taux aux Etats-Unis au cours des prochains mois fait aussi baisser le dollar, qui cède près de 0,7% face à l'euro.
La monnaie unique remonte ainsi autour de 1,1680 face au billet vert.
L'or s'arroge 2,7% à 4 810,3 USD l'once, porté par la détente des rendements obligataires et des anticipations de taux américains moins restrictives, mais aussi par son statut de valeur refuge et par les achats continus de la banque centrale chinoise. Les investisseurs attendent désormais les minutes de la Fed, qui paraîtront ce soir, pour fixer la suite du mouvement.
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